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                                                            MAI  2026
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Un petit tour dans les Vosges au Hohneck
          Le dahut est rare aussi il faut bien regarder 
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                                    les belles pivoines 

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                                 A traduire en français    _______________________________________________________

           Le petit train d'Abreschviller vous attend
 

 

 

                    Chef, un petit coup, on a soif...
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                 La Lorraine à Verdun                                        
 

 
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TEXTE du mois

 

 Extrait du livre
Nicolas le colporteur   
 
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LE MAITRE D’ECOLE

 

Dans chaque village que Nicolas connaissait il rencontrait presque toujours le maître d’école. Pour lui l’enseignant était un bon client. Un besoin constant de fournitures permettait une diffusion de crayons, gommes, encres, plumes et porte-plumes, parfois aussi de craies, ardoises mais là c’était plus lourd à transporter. 

S’ajoutaient des buvards quand ils n’étaient  pas publicitaires, des cahiers, carnets et aussi des bons-points déjà imprimés. A chaque passage à l’école une commande l’attendait, même si l’enseignant n’avait qu’un budget limité, qu’il s’efforçait de livrer complète à la visite suivante.

Il s’était fait ainsi un semblant de réseau avec des passages réguliers en dehors des congés scolaires. Cela lui permettait aussi de connaitre les enfants et ainsi, par leur entremise, d’approcher leurs parents. En conséquence pour lui tout le monde était à respecter mais sans ostentation. 

Il ne voyait pas que le côté négociant mais aussi l’humain bienfaisant. Son rôle avait à ses yeux une importance élémentaire d’union dans l’harmonie altruiste. Parfois c’était difficile de réunir deux pensées différentes mais la conciliation parvenait régulièrement à un compromis de bonne intelligence respective.

Il a raconté à ce sujet une histoire entre deux instituteurs. Ils enseignaient dans des villages voisins l’un de l’autre et pourtant ils s’ignoraient, mais pas volontairement. L’un était payé par l’État, l’autre par les familles. Autant dire que les sommes perçues étaient bien différentes. 

Le premier était réglé régulièrement, même si ce n’était pas très conséquent et le second devait constamment réclamer son dû. Ce dernier disait que pour les gens l’école était secondaire et par faute d’argent il était souvent rémunéré par des dons sous forme de lapin, volaille, œufs, lard ou de tout autre produit alimentaire, rarement en espèces en dehors d’une petite subvention municipale pour le service rendu.

Mais un jour à l’occasion d’un marché forain qui se passait dans un troisième village ils se rencontrèrent par l’intermédiaire de l’instituteur de cette autre commune. Mais celui-ci connaissait les maîtres d’école et il les présenta l’un à l’autre en ne citant que les noms des villages. 

Nicolas arriva à ce moment-là, les salua car pour lui ils étaient tous déjà ses acheteurs. Ils s’installèrent à une table près de la buvette où de la bière fut servie. Et les discussions sur le métier s’engagèrent. Nicolas écoutait les trois hommes sans rien dire, se contentant d’approuver sobrement leurs propos.

Il n’était pas trop dans leur profession, s’en approchant que pour ses ventes, mais il entendait la conversation. Lui aussi avait été petit garçon et l’école l’avait intéressé. Il avait compris tout jeune que le savoir mène à la compréhension des autres et que le progrès ne pouvait venir que par l’instruction.

Les trois enseignants n’étaient pas du même âge. Le plus ancien racontait son entrée dans la charge en rappelant qu’il avait commencé sa vie comme simple paysan, mais curieux de tout, s’était mis à faire l’école à la demande des familles de son village, tout en restant agriculteur. Son besoin de transmettre était inné.

Le second expliqua qu’il avait eu son brevet de capacité à la suite d’un examen ce qui lui donnait le droit d’enseigner. Pour lui l’essentiel, c’était de transférer ses connaissances qu’il améliorait en permanence. Pour le troisième, le métier était avant tout un moyen de vivre d’une façon régulière, même s’il communiquait ses acquis avec sérieux mais sans écarts. Tous cependant exerçaient avec compétence et sans rivalité.

Puis ils se séparèrent et Nicolas retourna, en l’accompagnant, au village de l’ainé des maîtres-d ‘école. Plus simple, d’un abord aimable il appréciait la compagnie de l’homme qui par sa volonté savait comprendre le besoin d’apprendre de chacun. 

Devenus amis, ils restèrent un certain temps ensemble au logement de l’école où ils partagèrent un léger repas. Au moment de se quitter ils convinrent d’un rendez-vous pour le trimestre suivant ce qui correspondait à la rentrée scolaire.

Bien plus tard Nicolas apprit que les deux autres instituteurs s’étaient éloignés de la région. Le breveté était monté dans la hiérarchie, l’affecté avait quitté sa commune pour une autre située en bord de mer. Quant à l’ami, il s’était mis à la recherche d’une ferme pour reprendre ses activités agricoles, ayant été remplacé par l’arrivée d’un tout jeune enseignant diplômé, qui lui, ne donnait pas de commandes au colporteur, une centrale d’achat ayant pris la suite par obligation.

Par tous ces contacts Nicolas comprenait mieux le besoin naturel d’enseigner dans le bon sens et la réflexion concrète utile à tous. Il sut aussi que les trois maîtres avaient deux points communs. Ils étaient natifs de la même commune : La Salle, un gros bourg, et portaient tous les trois le prénom de Jean-Baptiste. Et curieusement ils ne l’apprirent jamais.

 
 
 
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LE LOUP

 

A l’époque où vivait Nicolas les forêts et les bois étaient encore sauvages et toute une faune y vivait. Pourtant il fallait les traverser pour aller d’un village à un autre. On pouvait aussi les contourner mais le risque était sensiblement le même et le chemin plus long. Les espèces d’animaux étaient très différentes et certaines peu agressives, voire craintives.

Entre les rapaces, oiseaux d’eau, divers mammifères ce qui va du petit lapin de garenne à l’ours, en passant par le renard, le sanglier et le loup, Nicolas connaissait bien les lieux et passait parfois par un chemin détourné pour apercevoir et admirer ces êtres dits farouches. Il n’hésitait pas à s’arrêter et à s’asseoir pour les regarder vivre. 

C’était toujours un moment unique et merveilleux quand à quelques pas de lui passait une troupe de biches avec leur cerf majestueux. Il ne bougeait plus, fasciné, curieux et aussi tendu devant cette force tranquille.

Tous ces animaux étaient pour lui la vie, pure, dure, réelle, où chaque espèce avait ses lois. Les saisons apportaient un renouvellement de l’activité naturelle du pays traversé, parfois avec élégance lors de l’envol d’un héron, parfois sobrement par le passage d’un hérisson, parfois cruellement lors de la chasse d’un chevreuil par un canidé. Pourtant tous ces animaux se respectaient dans la mesure où seule la faim venait les faire bouger pour s’entretuer.

Nicolas n’était pas toujours rassuré en quittant un chemin pour raccourcir son trajet et son passage dans la forêt se faisait rapidement, surtout lorsque le jour tombait, même en belle saison. Il connaissait quelques refuges en rondins de bois, de vrais cabanes, et se hâtait d’y trouver asile. 

Mais quelquefois ce n’était pas possible et il s’arrangeait pour être lui-même à l’abri au détriment de son bagage. Il lui arriva un soir d’être pris par le temps dans un bois et il déposa auprès d’un arbre tortueux et immense ses affaires. Puis il grimpa et s’installa entre deux grosses branches en se calant au mieux pour ne pas tomber.

Passer une nuit en pleine nature est toujours une épreuve angoissante. L’homme a besoin de sentir une protection, même symbolique, comme un branchage ou une toile. L’esprit de l’univers est toujours présent. Nicolas a déjà eu l’occasion de vivre cette anxiété et pourtant à chaque fois il est mal à l’aise. Malgré tout il arriva à s’endormir au moins par périodes plus ou moins longues. Il pensait à ses articles restés au pied de l’arbre et demeurait un peu éveillé pour surveiller ses biens.

On était en pleine phase de nuit sans lune et un noir total, étouffant, avait envahi l’espace. Toutes sortes de bruits, d’agitation et d’activités se faisaient sentir, par des cris de rapaces, des hurlements de bêtes ou tout simplement des sifflements ou feulements d’animaux rampants invisibles mais bien présents. L’intensité de la vie nocturne reste toujours un étonnement et une inquiétude pour l’être humain.

A moitié endormi Nicolas, instinctivement, senti une présence proche et silencieuse. Il regarda vers le sol et aperçu une forme qui le fit frissonner. Un loup ? Un chien errant ? Puis l’animal bougea et émit une plainte. C’était bien un loup, un gris. Le silence s’était installé autour de l’arbre et rien ne bougeait, surtout pas le colporteur. La bête s’approcha lentement de la hotte posée contre le tronc et se mit à la sentir. Cela dura plusieurs minutes. Mais il n’y avait rien à manger à l’intérieur.

Nicolas était monté avec sa musette qu’il portait toujours devant lui et qui contenait un peu de nourriture ainsi qu’une gourde d’eau. Il croisa lentement ses bras dessus espérant peut être limiter les odeurs des produits dont un saucisson, un petit morceau de pain et un bout de fromage de chèvre sec. 

En bas le loup tournait toujours mais ne sentant que la trace de l’homme sans le voir, il s’allongea. Sur l’arbre rien ne remuait, même les feuilles semblaient être engourdies de crainte. Le temps parut long à Nicolas avant que disparaisse l’animal. Et la nuit fut courte pour le sommeil. Au petit matin, ankylosé, il voulut bouger.

Il s’y prit tellement mal qu’il tomba de sa branche sur le sol couvert de mousse. Il se releva rapidement ayant mal partout et surtout apeuré. Mais le loup n’était plus là. Après un temps d’attente il retrouva ses esprits, ramassa sa hotte, intacte, et reprit la route. Et pourtant il ne pouvait pas marcher sans regarder autour de lui. Enfin il aperçut le clocher d’un village et cette apparition le tranquillisa.

Il savait que le loup n’attaque pas l’homme sans raisons mais il n’en reste pas moins que cet animal est toujours sauvage et imprévisible. Désormais il ne chemine plus qu’avec un bâton ferré. Depuis ce jour-là il abrégea ses tournées pour ne plus jamais dormir dans un arbre. 

 

 

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LE GUÉ

 

Nicolas, grand marcheur par choix de liberté, est un être plein de passions. Son goût de la nature est constant ce qui lui permet de découvrir sans cesse de la nouveauté partout où il passe, et même parfois revient. Il a ses circuits lui offrant une constante évolution des lieux, espaces de toutes sortes et s’égare parfois un peu.

Il aime aussi les rivières et plus principalement les ruisseaux. Vous voyez ceux de la montagne avec leurs cascades plus ou moins sauvages, les torrents. Là il s’arrête fréquemment, s’assoit sur un rocher ou une petite butte, écoute, vit ce moment de bonheur, puis après avoir déposé son sac à dos, sort de sa musette, qu’il porte devant lui, de quoi manger et boire.

Parfois il s’abreuve directement au torrent connaissant la qualité de pureté du flot. Il lui arrive aussi de pêcher la truite ou d’attraper des écrevisses selon l’endroit où il se trouve. Mais c’est très occasionnel car il respecte la vie champêtre et son caractère authentique.

Enfant de la campagne il transmet à tous les valeurs de la plaine, de la forêt, de ces paysages qu’il faut préserver et qui sont génératrices d’équilibre et de bonheur de vivre. Un peu ermite, un peu poète, un peu pasteur, Nicolas c’est tout çà en un seul homme. Et c’est ce qui fait qu’il est apprécié par les personnes qu’il rencontre lors de ses arrêts de colporteur car malgré tout il faut aussi vivre au point de vue terrestre.

La montagne est une richesse et l’eau qu’elle donne c’est la vie. Nicolas aimait remonter le long des cours d’eau vers les sources. Quelquefois il y avait une ferme proche mais aussi une scierie ou un moulin. Le cheminement le long des berges n’était pas toujours aisé et obligeait quelquefois à s’en écarter.

Un jour de mars, juste après la fonte des neiges, il suivit un sentier qui remontait vers un endroit qu’on lui avait dit admirable car perché au sommet d’une butte, elle-même surplombant un énorme rocher. Mais après plusieurs heures de marche il n’avait pas l’impression d’avancer. A un détour il aperçut enfin au loin l’énorme bloc de pierre grise qui semblait faire barrage à toute poursuite d’acheminement.

A sa base il crut qu’il ne passerait pas. Puis en regardant attentivement vit un petit espace très peu large pouvant permettre de continuer la route mais en traversant le torrent, impétueux en cette saison. Après une brève hésitation il se dit qu’il ne pouvait tout de même faire demi-tour l’obligeant ainsi à marcher plusieurs kilomètres supplémentaires d’autant qu’il venait d’apercevoir au loin le clocher du village où il comptait s’arrêter.

Aussi ajustant ses sacs et prenant son bâton il s’avança lentement vers le bruit et la furie du cours d’eau. Il ajusta ses pas de façon à bien poser les pieds sur les surfaces plates les plus visibles. Après quelques temps il parvint au milieu de ce qui ressemblait à un gué et pensa que les habitants du pays devaient, tout comme lui, effectuer le même effort. Il n’était sûrement pas le premier à passer par là.

Soudain, après un bref coup d’œil vers la rive opposée, horreur, il se figea. En face de lui un ours le regardait semblant l’attendre. Quoi faire, comment réagir ? Il ne bougea plus et la bête non plus. Il était en position instable. 

Puis à ses pieds quelque chose remua et la pierre plate sur laquelle il s’était arrêté vacilla. Il tomba à l’eau. Emporté par le courant il ne devait revenir sur sa berge de départ que quelques dizaines de mètres plus bas, trempé ainsi que sa marchandise, mais hors de danger.

Dans sa chute il avait eu le temps de s’apercevoir que celle-ci avait été due au départ d’une grosse truite dérangée, ce qui l’avait sauvé du plantigrade. Mais il ne remonta pas et au contraire redescendit pour reprendre sa route par le contournement du bas de la montagne. L’ours était-il dans son domaine ? Etait-il un gardien du rocher ? Avait-il été dérangé dans sa pêche ?

Toujours est-il qu’en arrivant enfin au village il n’osât pas raconter sa mésaventure et qu’heureusement ses articles n’avaient pas trop souffert du bain forcé. Il put ainsi aller à l’auberge où il prit un bon bain. Chaud cette fois.

 
 
 
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Il lisait l'extrait de la quinzaine

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