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                                                       SEPTEMBRE 2026
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Après les chaleurs de l'été la vie reprend un cours normal avec des températures plus supportables, même agréables, et c'est très bien. 

Les dernières mirabelles sont à cueillir ainsi que les quetsches pour les déguster au plus tôt. S'il en reste, penser à les conserver,  pour la saison d'hiver par une mise en bocaux ou par la congélation.

 

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                Et une petite part de tarte aux abricots, ça vous dit ?
 

Sans oublier nos amis les oiseaux avec les fruits des sorbiers

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Ne restez pas dans l'ignorance du progrès, une gamme d'ordinateurs  est commercialisée depuis quelque temps, en voici un exemplaire. 
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Avant l'hiver, le froid et la neige faites un petit tour dans les Vosges au Hohneck. Le dahut est rare aussi il faut bien regarder et peut-être aussi                 l'appeler, l'écho répondra, qui sait. 
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TEXTE du mois

 

 Extrait du livre
Nicolas le colporteur   
 
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LE REGARD

 

Nicolas passait d’un pays à l’autre, d’une commune à l’autre, achetait, vendait, colportait toutes sortes de produits à condition que ce ne soit pas trop lourd et aisément vendable. En traversant les villages il pouvait admirer les lieux. Soit les paysages aux alentours soit le bourg lui-même. 

L’architecture l’intéressait comme tout ce qu’il voyait. Chaque région a son style et selon la géographie les constructions pouvaient être très différentes. Il aimait bien l’Alsace et ses maisons à colombages que les habitants entretenaient avec le respect des traditions. Dans les autres terroirs aussi mais c’était moins typique.

Notre colporteur avait beaucoup de qualités. Dans son bagage se trouvait un carnet de feuilles blanches épaisses et plusieurs crayons ainsi que d’autres accessoires destinés à effectuer des dessins. A chaque occasion intéressante Nicolas s’arrêtait et sortait son matériel d’artiste, car c’en était un. 

Il recherchait un endroit pour s’asseoir et on pouvait le voir griffonner. Curieusement les passants, qu’ils soient enfants ou adultes, prenaient le temps de regarder son croquis et bavardaient, ce qu’aimait bien Nicolas.

Il repérait les paysages comme les chaumières campagnardes ou les fiers châteaux ainsi que les grosses maisons bourgeoises pourvu qu’elles aient un véritable intérêt. Pour lui c’était un véritable plaisir de reporter sur le papier, au mieux, ce qu’il voyait. 

Et parfois, lors du retour à son domicile, il colorait certaines de ses ébauches. Cela faisait qu’il possédait une véritable collection de vues diverses qu’il datait au dos en précisant le lieu représenté.

C’est cette accumulation d’esquisses qui lui fit une renommée car à son époque la transmission de vues était rare et les livres, chers, étaient l’apanage des personnes instruites sachant lire et vivant dans un milieu aisé. Instinctivement Nicolas faisait connaitre le monde par son talent d’artiste même modeste. 

Beaucoup de ses acheteurs le remercièrent pour cette diffusion par l’image de régions, pays ou parfois aussi de villages voisins, qu’ils ne connaissaient pas ou mal. Cela lui faisait plaisir de partager, souvent sans retour souhaité.

Les représentations les plus demandées concernaient les églises dont les cathédrales, ce qui faisait rêver, les castels plus ou moins féodaux, les forteresses imposantes, les belles villas de maitres bien avant les paysages même les plus beaux. Parfois aussi quelques portraits pouvaient se voir mais Nicolas hésitait souvent à les faire car la difficulté consistait à rendre ressemblant la personne  ayant pris la pose. Il craignait le refus par manque de vérité.

A l’occasion de l’une de ses virées il s’arrêta dans un bourg où une superbe fontaine attira son regard et où il put également s’abreuver. C’était au centre de la petite commune et il faisait chaud. Il sortit de sa musette de quoi manger puis il recula un peu pour croquer une pomme et la fontaine sur son carnet toujours prêt à l’usage.

Le sujet était très intéressant et il prit quelques temps pour affiner son œuvre et bien arriver à reporter l’ovale du rebord de la réserve d’eau. Le jet tombant était plus difficile à reproduire mais au bout de quelques moments il regarda le résultat et eut un assentiment d’un mouvement de tête. 

Les badauds étaient partis à cause de la chaleur de l’été mais curieusement Nicolas sentait sur lui un regard fixe et hautain. Il se retourna et ne vit rien. Continuant son activité il se sentait gêné en permanence. La fontaine était peut-être dédiée à un saint qui ne voulait pas se voir difforme, estropié ou mal évoqué. Ou c’était lui, Nicolas, qui ce jour-là, n’arrivait pas à sentir l’esprit du lieu s’il y en avait un. Toujours est-il qu’il cessa de tracer son étude et rangea tout son matériel.

Ce n’est qu’en se relevant qu’il comprit la cause de son malaise. Comme il tournait le dos à une grosse maison typique régionale, il n’avait pas remarqué la toiture. Celle-ci en pente raide avait des tuiles posées en arrondi sur les deux petites fenêtres du grenier et on pouvait imaginer que deux grands yeux vous épiaient. 

C’était peut-être le cas, allez savoir, Nicolas sourit, reprit toutes ses affaires et partit vers l’auberge la plus proche pour se désaltérer et proposer ses articles, à l’abri, non du regard mais de la canicule.

 
 
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LE REBOUTEUX

 

Nicolas était un bon marcheur. Par ses déplacements il allait de village en village d’un pas régulier, bien cadencé en contrôlant sa respiration. C’est un adepte, inconsciemment, de la ténacité physique qui privilégie l’endurance à la performance. Bien que parfois ses trajets peuvent s’apparenter à de véritables épreuves sportives. Et cela par tous les temps. 

Mais c’est aussi un homme et par là même subissait quelquefois les inconvénients de sa nature et de sa profession. Solide et courageux Nicolas pouvait être touché par un imprévu qui aurait pu le laisser en dehors du cercle des colporteurs.

Aussi il s’était fait, au fur et à mesure des années, quelques connaissances dans le milieu des gens qui guérissent. Fréquemment ces rebouteux exerçaient un vrai métier comme agriculteur, cantonnier, vigneron ou autre activité. Ils donnaient de leur temps, souvent bénévolement, à la communauté villageoise. 

Pour ces hommes, essentiellement croyants, leur don venait de Dieu. Ils se faisaient rarement payer mais pouvaient accepter un service de réciprocité ou des produits alimentaires comme le beurre, la bière, une volaille ou un lapin, surtout pendant les périodes de disette.

Le rebouteux travaille manuellement. Il remet en place des articulations démises, une vertèbre déplacée suite à de gros travaux, ou à un accident, et réduit une fracture. Son adresse naturelle est recherchée et complète parfois le travail d’un médecin traditionnel. 

Il peut également s’allier avec un passeur de feu qui, lui, saura soigner les brûlures. Ces deux activités sont parfois dénigrées par les hommes de science médicale conventionnelle mais rarement par le commun des mortels. Le naturel prend alors le pas sur l’académique.

Un jour d’automne Nicolas venait de quitter un village montagnard et descendait vers la vallée en suivant un chemin cahoteux très pierreux. En voulant passer un gué sur un torrent presque à sec en cette saison, son pied glissa, il tomba sur le côté, se releva et se mit à claudiquer. 

Sa cheville lui faisait mal. Avec le poids du sac il avait été entrainé. Bien que sûr de lui il avait ripé sur une pierre plate mousseuse qu’il croyait stable. Sur l’autre berge il vit un arbre tombé et il en profita pour s’asseoir sur le tronc afin de vérifier sa jambe.

Il constata un gonflement de celle-ci et une douleur lancinante s’installa. Avec le peu de produits qu’il avait pour les soins il ne voyait pas comment arrêter ou calmer l’élancement. Il n’osait plus marcher et il décida de camper sur place. 

On verra demain se dit-il et il s’installa au mieux le long du bois. La nuit fut difficile, la douleur restait présente. Protégé par une bâche il dormit mal avec de nombreux sursauts lorsqu’il bougeait. Au petit matin, tout vermoulu il entreprit de reprendre la route en s’appuyant sur son bâton.

Cahin-caha il arriva au village et souffla un peu avant d’aller chez le rebouteux qu’il connaissait et qui lui avait déjà acheté divers articles par le passé. Celui-ci le reconnut et le priât d’entrer immédiatement. Nicolas ne se fit pas prier et s’installa sur un banc dans la salle principale du logis. 

Ce n’était que sommaire mais le mal ne lui fit pas penser à autre chose qu’à guérir. Après un rapide examen en soulevant le bas du pantalon et en lui ôtant lentement sa chaussure le soigneur lui demanda de tremper son pied dans le liquide d’une bassine qu’il avait déposé devant lui. Nicolas obtempéra et le contact froid avec la mixture le fit un peu tressaillir mais calma l’affliction.

Au bout de quelques minutes l’homme de l’art prit le pied doucement, l’enleva de la cuvette, et l’essuya. Il dit : maintenant que c’est propre je vais travailler. Il approcha ses deux mains, puis d’un mouvement bref tordit le pied assez brutalement avant de le bander. 

Et il expliqua que la guérison se ferait rapidement en gardant le pansement quelques heures. Incrédule le colporteur se leva et fut surpris de ne plus ressentir de douleur. Effectivement dans la soirée il pouvait marcher à nouveau correctement. Conscient du don du guérisseur il fallait le remercier pour ses soins.

Il attendit le lendemain car une bonne nuit de sommeil réparateur à l’auberge s’imposait. Il prit son sac, sa hotte, paya ce qu’il devait à son hôte et se dirigea vers la maison du rebouteux. Bizarrement les volets étaient fermés. Il cogna à la porte, mais rien, pas de réponse. 

Un voisin fermier qui avait entendu les appels vint à sa rencontre et lui expliqua : la gendarmerie est venu le chercher ce matin de bonne heure. Un médecin lui faisait un procès pour exercice illégal de la médecine. Il avait bien reçu une convocation mais comme il ne savait pas lire la maréchaussée était passée par là.

Éberlué Nicolas repris la route en se promettant de repasser à l’occasion pour marquer sa gratitude envers son sauveur. Bien des mois après il apprit que le rebouteux avait gagné son affaire et que le président l’avait relaxé. 

On sut aussi que le fils de ce dernier avait été soigné et guéri des suites d’un accident domestique par cet homme simple et bon qui ne demanda pas de compensation. Ceci explique cela. Et Nicolas revit le guérisseur avec un grand plaisir.

 

 
 
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LE PROFESSEUR CONTEUR 

 

Nicolas le colporteur rapporta qu’un jour il avait eu une rencontre avecun conteur original qui lui avait parlé de mystérieux personnages. Jean,c’était son prénom était lui-même curieux, un peu dans la lune et pourtant très intéressant. Enseignant Il se définissait de la façon suivante :

-   Grincheux car timide, un joyeux professeur pas simplet, gros dormeur et souvent enrhumé avec des atchoums  sonores.

L’histoire de Jean se serait passée il y a fort longtemps dans une forêt lointaine, vous savez celle où vivaient des petits hommes avec des bonnets et des bottes. Travailleurs, toujours de bonne humeur, il semblerait cependant qu’on ne les rencontre plus.

Voici son récit : amateur de balades, grand randonneur, il partit un matin de bonne heure et de bonne humeur selon la formule usuelle. Il avait pris son rucksack avec le nécessaire du promeneur avisé, bâton, casse-croute et boisson, quelques petits fruits, des bonbons, la boussole, les jumelles et un petit nécessaire de soins car on ne sait jamais ce qu’il peut arriver. C’était un homme prudent bien que souvent dans les nuages.

Après quelques heures de marche il se crut perdu. Mais au loin le toit d’une fermette se dessina. Cela le soulageât car il n’aimait pas s’égarer, lui qui connaissait pourtant assez bien les lieux. Mais là il s’était allé à admirer tout ce qui l’entourait, que ce soit au niveau du sol ou dans les arbres. C’est tellement beau une forêt, un enchantement, un bien-être.

Un sentier apparut et il l’emprunta en se dirigeant vers la masure, ce à quoi elle ressemblait de plus en plus. Le toit était couvert de chaume avec une grosse cheminée bancale. La densité de la forêt le faisait marcher lentement.

A un détour une silhouette de jeune femme se précisa. C’était une bergère, du moins le crut-il, portant un corsage blanc avec un boléro bleu et une jupe rouge. Elle l’entendit arriver, se retourna et lui adressa un petit sourire. On aurait dit une apparition de conte de fées, c’était peut-être le cas. Il la salua et demanda si elle pouvait lui indiquer l’endroit où ils se trouvaient tous les deux.

Étonnée elle ne sut quoi lui répondre car elle-même l’ignorait et comptait sur son arrivée pour retourner vers son domicile, le château voisin. Là, inquiet, il ne comprenait plus rien, se posa la question : mais où suis-je donc ? Sur terre, dans une fable ? Je ne connais pas de castel dans la région.

Ils se concertèrent et décidèrent de toquer à la porte de la maisonnette peu reluisante. Mais pas de réponse. Avec appréhension Jean ouvrit la porte et entra suivi de la jeune fille.

Ce n’était qu’une seule grande pièce toute en longueur. Personne à l’intérieur mais une succession de sept lits de petite taille. Serait-ce des enfants qui dorment là ? La modeste chaumière était peut être un lieu de repos, une étape et rarement occupé. De plus l’état de l’ensemble négligé pouvait confirmer cet occasionnel.

Dans le fond un coin cuisine avec une grande table et deux bancs devaient permettre de s’installer pour manger. Une cheminée à l’âtre possédait des chenets et une soupière suspendue pour la cuisson des aliments. Un petit tas de bûchettes était à proximité. 

Ils s’attablèrent quelques instants et espérèrent que quelqu’un viendrait pour les aider à rentrer chacun chez soi. Mais le temps passa et le silence n’était interrompu que par le chant des oiseaux qui s’invitaient dans la chaumière, la porte étant restée ouverte.

Jean partagea les maigres réserves de son sac avec l’égarée et la conversation, très succincte, ne lui permit pas de savoir comment elle s’appelait. Sa noblesse de port et de langage faisait qu’il restait dans une politesse qu’il ne comprenait pas car lui-même malgré son instruction se sentait différent. Elle était réservée sans être hautaine.

Finalement ils décidèrent de sortir après cette pause et chacun repartit vers ce qui semblait être la bonne direction, avec hâte car le soir arrivait. Après bien des détours Jean put retrouver son chemin et rentra chez lui fourbu et encore dans l’étonnement de sa rencontre.

Il ne devait jamais revoir Blanche, qu’il avait baptisé ainsi, et ne sut pas non plus retrouver le chemin de la fermette. Quant au château son existence reste encore une énigme. 

Pourtant Jean n’avait pas rêvé, du moins c’est ce qu’il pensait car quand on détaille la définition le concernant citée plus haut, on se rend compte que les sept personnages qu’il n’avait jamais vus sont bien dans son esprit et qu’il s’était fait un cinéma. Relisez bien celle-ci et tout comme moi vous comprendrez mieux.

Quant à Blanche, elle ne fut qu’une fugace apparition, disparue comme la neige avec le soleil du printemps.

 

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Il lisait en roulant l'extrait de la quinzaine

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