BIENVENUE

                                                           JUILLET 2026
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                Un peu de fraicheur hivernale
 
                               
le bateau bleu
 

            le long du canal de la Marne au Rhin
                                
               
 l’écluse 12 à Laneuveville
                         devant Nancy
 
              
 le château et le parc Montaigu
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    L'été est là avec ses évasions, même sous la chaleur.
 Chacun de nous veut respirer sans contrainte
Ce n'est pas si simple 
Mer, montagne, campagne ?
Parfois une petite rivière ombragée suffit
 
                       Un rafraichissement à l'eau 
 

                    avec les pieds dans le bassin
 

                            là on touche le fond
 
                    
                                                            et pour s'aérer

 
 une petite sortie en voiture comme autrefois
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Un petit tour dans les Vosges au Hohneck
          Le dahut est rare aussi il faut bien regarder 
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TEXTE du mois

 

 Extrait du livre
Nicolas le colporteur   
 
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LE PÊCHEUR

 

Chaque fois qu’il le pouvait Nicolas allait à la pêche. Il avait tous les accessoires dans sa hotte sauf la canne trop encombrante qu’il remplaçait en utilisant une branche souple d’arbre. Mais parfois il rencontrait un disciple de Saint-Pierre et souvent ce dernier lui prêtait volontiers la sienne le temps d’une prise. 

Cela suffisait pour faire un repas même sommaire. Pour le remercier le colporteur lui offrait un article qui pouvait lui être utile ou une veillée de contes chez lui dans sa ferme dans la mesure où celle-ci se trouvait sur sa route. Ils trouvaient toujours un accord.

Bien sûr Nicolas avait ses préférences : la truite de torrent avant tout mais aussi la friture. Né lui-même dans une petite commune près d’une rivière c’est tout jeune qu’il commença à pêcher. En sortant de l’école, avec son meilleur copain, ils courraient chercher leur canne et se dirigeaient vers la berge de leur endroit préféré. 

On ne renie pas ses origines, elles vous marquent à vie avec l’éducation reçue. Le colporteur était un fin pêcheur aussi rejetait-il dans l’eau les prises trop petites ou ne correspondant pas à ses attentes. C’était déjà à sa façon une forme de respect de la nature.

Il arriva un jour près d’un vieux pont où un pêcheur qu’il connaissait, Pierre, s’était installé. Il le salua et se joignit à lui avec une canne prêtée. Bien placé il se mit assis sur une roche plate et attendit. Il y a des jours où ça ne mord pas. C’était le cas et à un certain moment Nicolas luttait pour surveiller son bouchon mais aussi pour ne pas s’endormir. 

Ce fut pourtant ce qui arriva. En le voyant, figé, on aurait pu le prendre pour une statue. Sa canne à la main, il somnolait, rigide. Son voisin ne fit rien pour le contrarier, le sommeil c’est sacré.

Après un somme complet, Nicolas s’éveilla enfin. Il était toujours au bord de la rivière et se surprit à être seul. L’autre pêcheur n’était plus là. Il se leva et voulut tirer de l’eau sa canne. Une résistance l’étonna. Le fil tendu arcboutait le roseau. Il insista et soudain sortit de l’onde une énorme chose qui tomba dans l’herbe près de lui. Mais ce n’était pas un poisson. 

Il s’approcha et reconnut un gros vase rond en bois. A l’intérieur du sable et tout autour un filet qui permettait l’accroche. Il se posa les questions habituelles de compréhension. Muet de sa situation il rangea son matériel, vida le pot de son contenu, le rangea dans sa hotte, et reprit la route sans avoir pêché quoi que ce soit. Et il se dit : je te rendrai ton pot Pierre.

Connaissant un peu son ami pêcheur, il en déduisit que celui-ci lui avait fait une farce. Il fallait faire de même en retour. L’occasion se présenterait bien un jour ou l’autre et cela ne tarderait pas pensât-il. Il n’avait pas de rancune mais n’aimait pas trop être piégé, même gentiment. Le mois suivant ils se retrouvèrent à amorcer ensemble presque au même endroit. La matinée se présentait bien pour un bon résultat.

Nicolas était arrivé cette fois le premier. Son compagnon du jour s’installa tranquillement, pas très loin, pour voir ce que donnait la pêche de son voisin. L’émulation aidant ils s’affrontaient cependant cordialement. Ils avaient jeté leur appât et attendaient. Nicolas souriait devant la mine moqueuse de son ami Pierre. Les épuisettes n’étaient pas loin, à portée de main, prêtes à être utilisées si le poisson était trop lourd ou trop vif.

La pêche était réglementée et il fallait respecter les autorisations. Déjà à cette époque le garde-champêtre était habilité à contrôler les jours d’ouverture, les prises et la conformité du permis. De tous temps l’activité a subi des obligations diverses, parfois pour la protection des espèces, parfois pour satisfaire les besoins du seigneur ou du clergé. Le braconnage était puni sévèrement. Nicolas savait tout ça et se conformait aux lois.

Après quelques moments Pierre sentit soudain une tension dans sa ligne. Etait-elle due au courant ou à une prise importante? Il avait beau tirer, ça ne venait pas. Il relâchait et tirait à nouveau. Toujours rien. C’était statique. Puis ce qui devait arriver arriva, le fil se cassa sèchement et Pierre, surpris, roula vers la rivière où il tomba. Trempé entièrement il put sortir lourdement de la rive boueuse peu profonde. Furieux il regarda Nicolas qui souriait toujours mais qui alla le réconforter.

Bien plus tard on sut que le colporteur avait tendu, la veille, un filet à l’endroit où se trouvait Pierre car il savait qu’il se mettrait à cet emplacement. Il l’avait fixé solidement en le camouflant. Invisible de la berge il ne pouvait que gêner le pêcheur. Pourtant Nicolas par camaraderie alla donner le produit de sa pêche au malheureux plongeur. Et ils restèrent amis bien des années encore sans pour autant pêcher à nouveau ensemble.

 

 
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LE PAIN D’ÉPICES

 

Nicolas le colporteur avait de nombreuses qualités mais comme tout homme quelques petits défauts. Pour lui c’était la gourmandise. Il avait du mal à résister à l’appel des pâtisseries qui le laissaient baba. Dans tout village il y avait une boulangerie et parfois un étalage de merveilles très sucrées qui l’éblouissaient. 

Mais aussi, lorsqu’il était invité, il était en extase devant les superbes desserts faits avec les fruits de saison. Quel enchantement lorsque sortait du four une tarte aux mirabelles cueillies du jour. Et celle aux quetsches rivalisait tant son parfum embaumait les papilles et la salle à manger. Que dire des clafoutis. Il ne savait pas refuser une invitation à une dégustation, même au détriment d’un placement assuré d’un article sorti de sa hotte.

Il y a aussi lors des fêtes des galettes, biscuits et divers petits gâteaux. Chaque région qu’il traversait avait ses spécialités en fonction des saisons ou toute l’année. Aussi il aménageait ses déplacements en conséquence pour profiter au mieux de ces avantages culinaires. En dehors de toutes ces gâteries et gourmandises qu’il pouvait déguster occasionnellement Nicolas affectionnait particulièrement le pain d’épices.

Lorsqu’il était enfant ses parents lui offraient ce délice lors de sa fête. C’était traditionnel ce jour-là et doublement festif. Pour le petit lorrain la coutume restait vivace. Les origines de cette spécialité remontent à des temps très lointains puisque les chinois raffolaient dès le dixième siècle de ce pain au miel. 

Ce seraient les croisés qui auraient rapporté dans les pays européens la recette. Viendra ensuite une fabrication dans les couvents qui sera consommée lors du carême par les religieux.

Puis au quatorzième siècle les boulangers s’activent à cette préparation pour le profit de tous. En Alsace et en Lorraine le pain d’épices devient le symbole de la fête de Noël et on en donne aussi aux enfants à la Saint-Nicolas, le 6 décembre, à condition qu’ils aient été sages. On en faisait cadeau également aux invités de marque et aux gouvernants de villes amies. Mais tout le monde aimait ça et c’était un vrai plaisir d’en offrir ou de le partager.

Notre Nicolas acceptait toujours cette offrande. La fermeté et la tendresse du gâteau correspondait toujours à un bon moment de bien-être dans sa vie de nomade. L’odeur de chaque mennelé, petit bonhomme pouvant se transformer en brioches de toutes tailles, est une véritable invitation à la dégustation. 

Même les moins gourmands cèdent devant l’arôme du miel et des épices réunies. L’utilisation de la pâte permet toutes sortes de présentations et de formes différentes, cœur, étoile, etc. l’imagination est illimitée. Lors de ses passages dans les maisons Nicolas négociait pour avoir un petit stock de ces gâteries qu’il pensait revendre dans des régions moins sensibles à la tradition. Il utilisait une boite en fer adapté à la conservation de la spécialité.

Un jour d’hiver, en janvier je crois d’après ce qu’il avait raconté, il arriva dans un hameau où se trouvaient quelques vieilles bâtisses agricoles et deux ou trois fermes. Il faisait très froid et il avait hâte de se réchauffer un peu. Il frappa à la porte de la maison qui semblait être celle des paysans. 

Après un temps qui lui sembla long celle-ci s’ouvrit et une grand-mère le salua. Elle était habillée dans un costume régional un peu fané mais qui semblait propre et le fit entrer, rapidement, pour ne pas refroidir le logis semble-t-il. En effet un feu à l’âtre ronronnait. Ils allèrent s’asseoir à la table et la grand-mère reprit son tricot sans un mot et sans le regarder. Rapidement Nicolas eu chaud. Il déposa sa hotte à ses côtés.

Au bout d’un certain temps qui lui avait semblé être une politesse, Nicolas toussa vers la vieille femme qui ne fit pas davantage attention à lui. Il se dit que quelqu’un allait venir et ce fut le cas. Un jeune garçon entra par la porte du fond qui donnait apparemment vers l’étable car une forte odeur bovine vint envahir la pièce. 

Un peu tendu, Il regarda Nicolas et lui demanda ce qu’il voulait le prenant pour un mendiant ou un vagabond. L’éloignement et l’isolement du domaine faisait que peu de personnes passaient ce qui expliquait sa question.

Posément Nicolas répondit qui il était, ce qu’il faisait sur la route, et qu’il attendrait le maître pour lui confirmer sa bonne volonté de ne pas nuire, en quoi que ce soit. Sur ce le garçon alla chercher dans un recoin une cruche pleine d’eau fraiche et en versa au visiteur dans un gros verre épais. Puis il alla lui aussi se mettre assis sur le banc près de la mamiche qui tricotait toujours. Le monde autour d’elle semblait ne pas exister.

Enfin un homme arriva, il devait être le père de l’enfant. Accompagné d’un tâcheron et réchauffés ils se mirent à discuter ensemble sur le métier de Nicolas. Entra aussi une femme avec un seau plein de lait qui salua à son tour le colporteur. Elle expliqua qu’elle allait faire un flan comme c’est habituel dans le pays et que s’il voulait diner il serait le bienvenu. 

A ce moment-là Nicolas se souvint qu’il avait dans ses bagages ses gâteaux alsaciens. Il les sortit en ouvrant la boite et, miracle, la grand-mère les aperçut, se mit en transe et s’écria : des mennelés, des mennelés ! Nicolas lui en offrit un tout de suite et elle le grignota en le savourant, puis elle vint vers lui et l’embrassa sur les deux joues. Toute la famille était bouche bée car non seulement elle connaissait le pain d’épices mais d’entendre parler l’aïeule les avait sidérés. 

La fin de la soirée fut pleine de bons sentiments. Un petit geste avait suffi pour une entente cordiale.

 
 
 
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LE MUSICIEN

 

Dans la confrérie des colporteurs on pouvait trouver des artistes. Le métier ne se limitait pas à des transactions commerciales. Certains d’entre eux avaient un réel talent par la musique, la jonglerie, le dessin, le conte ou par des tours de magie. 

Le colporteur était autre chose la plupart du temps qu’un simple revendeur de toutes sortes d’articles le plus souvent utiles. Et pour accrocher le client un peu de fantaisie était très bien acceptée par l’acheteur. Cela faisait partie du boniment depuis des générations. Mais ce n’étaient pas des saltimbanques.

Nicolas avait pour talent la parole. C’était un narrateur et son auditoire appréciait ses récits. Bien sûr il racontait ses déplacements avec tous les événements s’y rapportant. Il en rajoutait toujours un peu mais ses histoires avaient toujours un fond de vérité ce qui apportait de la force en les exposant. 

Il bougeait beaucoup, restait souvent debout et ses bras faisaient des gestes larges, selon la narration, pour accompagner sa parole. Personne ne demeurait sans écouter et bien souvent il était invité aux fêtes villageoises pour l’animation. Les mariages, communions, baptêmes d’enfants ou cérémonies religieuses étaient pour lui une source de satisfaction amicale.

Une concurrence pouvait sévir avec les gens du voyage, ceux qu’on appelait les romanichels. Pour eux amuser un public par un spectacle était la principale occupation. Les colporteurs musiciens se contentaient de jouer pour attirer le chaland et montrer ainsi leur présence. 

Pourtant certains d’entre eux étaient de véritables artistes mais préféraient distraire en privé et à l’abri. Nicolas cita le cas de l’un de ses confrères qui jouait du violon comme un vrai professionnel. Il s’appelait Didier.

Cet homme avait un instrument superbe qu’il transportait partout où il faisait son commerce. Avec les années il était connu et reconnu de suite car sans un mot mais avec un son il attirait. 

Il vendait principalement du petit linge pour les couturières et les femmes qui vivaient loin des villes, présentant aussi des produits utiles à la confection ou à la remise en état de vêtements, draps et autres articles de ravaudage. Cette marchandise, pas trop lourde, lui permettait de caler son violon parmi elle et ainsi de le protéger.

Un jour Nicolas et Didier se rencontrèrent. Sans s’être concertés ils se retrouvèrent à la même auberge où une noce avait lieu. Invités à la fête les deux compères participèrent aux péripéties en divertissant l’assemblée, l’un par sa musique, l’autre par ses récits. La soirée se passait bien et l’ambiance était de circonstance. 

Le violoniste fit danser presque tout le monde et Nicolas racontait des histoires entre chaque série de rythmes divers. A un moment, il ne faut pas oublier qu’on était à la campagne, en pleine démonstration de son talent, le soliste fut gêné par un couac bref mais sonore.

Il continua cependant mais à nouveau un caquètement se fit entendre. Il s’arrêta de jouer, tout le monde fut étonné, regarda son instrument et n’y vit rien de spécial. La conformité du violon était toujours excellente. Il reprit à nouveau son air interrompu et la danse put repartir. 

Mais une troisième fois le son dérangeant vint fausser sa prestation. Il arriva tout de même à terminer le morceau mais dès la dernière note posa le violon et regarda autour de lui. Et là, stupeur, un gros canard s’était glissé dans l’entrebâillement de la porte et vint en se dandinant vers l’artiste en caquetant comme un forcené. 

A sa façon de s’exprimer on comprenait bien qu’il aimait la musique du violoniste et en s’agitant désirait qu’il reprenne sa mélodie. Toute la noce se mit à rire et le concert désordonné reprit.

Nicolas a gardé cette histoire dans ses souvenirs comme un moment amusant de sa vie de nomade. Il parait que depuis la famille de la ferme de l’animal ne mange plus de palmipède. L’intervention de l’oiseau ne fut qu’une première étape. 

A chaque repas festif il venait se montrer et s’exprimait par de vibrants bruits secs de bec. C’était devenu une attraction dans le village. Nicolas sut bien plus tard que le canard n’avait pas fait long feu. Il fut croqué lors d’une fête suivante en sortant d’un repas par un goupil mélomane.

Toujours est-il que le musicien regretta un peu son compagnon de scène. Pourtant à cause de lui il avait fait quelques canards. C’était peut-être ça qui avait attiré l’animal vers sa musique.

 

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Il lisait en roulant l'extrait de la quinzaine

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