BIENVENUE

                                                           JUILLET 2026
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    L'été est là avec ses évasions, même sous la chaleur.
 Chacun de nous veut respirer sans contrainte
Ce n'est pas si simple 
Mer, montagne, campagne ?
Parfois une petite rivière ombragée suffit
 
                       Un rafraichissement à l'eau 
 

                    avec les pieds dans le bassin
 

                            là on touche le fond
 
                    
                                                            et pour s'aérer

 
 une petite sortie en voiture comme autrefois
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Ne restez pas dans l'ignorance du progrès, une gamme de computers va être commercialisée très bientôt, en voici un exemplaire. 
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Un petit tour dans les Vosges au Hohneck
          Le dahut est rare aussi il faut bien regarder 
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TEXTE du mois

 

 Extrait du livre
Nicolas le colporteur   
 
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LE PAIN D’ÉPICES

 

Nicolas le colporteur avait de nombreuses qualités mais comme tout homme quelques petits défauts. Pour lui c’était la gourmandise. Il avait du mal à résister à l’appel des pâtisseries qui le laissaient baba. Dans tout village il y avait une boulangerie et parfois un étalage de merveilles très sucrées qui l’éblouissaient. 

Mais aussi, lorsqu’il était invité, il était en extase devant les superbes desserts faits avec les fruits de saison. Quel enchantement lorsque sortait du four une tarte aux mirabelles cueillies du jour. Et celle aux quetsches rivalisait tant son parfum embaumait les papilles et la salle à manger. Que dire des clafoutis. Il ne savait pas refuser une invitation à une dégustation, même au détriment d’un placement assuré d’un article sorti de sa hotte.

Il y a aussi lors des fêtes des galettes, biscuits et divers petits gâteaux. Chaque région qu’il traversait avait ses spécialités en fonction des saisons ou toute l’année. Aussi il aménageait ses déplacements en conséquence pour profiter au mieux de ces avantages culinaires. En dehors de toutes ces gâteries et gourmandises qu’il pouvait déguster occasionnellement Nicolas affectionnait particulièrement le pain d’épices.

Lorsqu’il était enfant ses parents lui offraient ce délice lors de sa fête. C’était traditionnel ce jour-là et doublement festif. Pour le petit lorrain la coutume restait vivace. Les origines de cette spécialité remontent à des temps très lointains puisque les chinois raffolaient dès le dixième siècle de ce pain au miel. 

Ce seraient les croisés qui auraient rapporté dans les pays européens la recette. Viendra ensuite une fabrication dans les couvents qui sera consommée lors du carême par les religieux.

Puis au quatorzième siècle les boulangers s’activent à cette préparation pour le profit de tous. En Alsace et en Lorraine le pain d’épices devient le symbole de la fête de Noël et on en donne aussi aux enfants à la Saint-Nicolas, le 6 décembre, à condition qu’ils aient été sages. On en faisait cadeau également aux invités de marque et aux gouvernants de villes amies. Mais tout le monde aimait ça et c’était un vrai plaisir d’en offrir ou de le partager.

Notre Nicolas acceptait toujours cette offrande. La fermeté et la tendresse du gâteau correspondait toujours à un bon moment de bien-être dans sa vie de nomade. L’odeur de chaque mennelé, petit bonhomme pouvant se transformer en brioches de toutes tailles, est une véritable invitation à la dégustation. 

Même les moins gourmands cèdent devant l’arôme du miel et des épices réunies. L’utilisation de la pâte permet toutes sortes de présentations et de formes différentes, cœur, étoile, etc. l’imagination est illimitée. Lors de ses passages dans les maisons Nicolas négociait pour avoir un petit stock de ces gâteries qu’il pensait revendre dans des régions moins sensibles à la tradition. Il utilisait une boite en fer adapté à la conservation de la spécialité.

Un jour d’hiver, en janvier je crois d’après ce qu’il avait raconté, il arriva dans un hameau où se trouvaient quelques vieilles bâtisses agricoles et deux ou trois fermes. Il faisait très froid et il avait hâte de se réchauffer un peu. Il frappa à la porte de la maison qui semblait être celle des paysans. 

Après un temps qui lui sembla long celle-ci s’ouvrit et une grand-mère le salua. Elle était habillée dans un costume régional un peu fané mais qui semblait propre et le fit entrer, rapidement, pour ne pas refroidir le logis semble-t-il. En effet un feu à l’âtre ronronnait. Ils allèrent s’asseoir à la table et la grand-mère reprit son tricot sans un mot et sans le regarder. Rapidement Nicolas eu chaud. Il déposa sa hotte à ses côtés.

Au bout d’un certain temps qui lui avait semblé être une politesse, Nicolas toussa vers la vieille femme qui ne fit pas davantage attention à lui. Il se dit que quelqu’un allait venir et ce fut le cas. Un jeune garçon entra par la porte du fond qui donnait apparemment vers l’étable car une forte odeur bovine vint envahir la pièce. 

Un peu tendu, Il regarda Nicolas et lui demanda ce qu’il voulait le prenant pour un mendiant ou un vagabond. L’éloignement et l’isolement du domaine faisait que peu de personnes passaient ce qui expliquait sa question.

Posément Nicolas répondit qui il était, ce qu’il faisait sur la route, et qu’il attendrait le maître pour lui confirmer sa bonne volonté de ne pas nuire, en quoi que ce soit. Sur ce le garçon alla chercher dans un recoin une cruche pleine d’eau fraiche et en versa au visiteur dans un gros verre épais. Puis il alla lui aussi se mettre assis sur le banc près de la mamiche qui tricotait toujours. Le monde autour d’elle semblait ne pas exister.

Enfin un homme arriva, il devait être le père de l’enfant. Accompagné d’un tâcheron et réchauffés ils se mirent à discuter ensemble sur le métier de Nicolas. Entra aussi une femme avec un seau plein de lait qui salua à son tour le colporteur. Elle expliqua qu’elle allait faire un flan comme c’est habituel dans le pays et que s’il voulait diner il serait le bienvenu. 

A ce moment-là Nicolas se souvint qu’il avait dans ses bagages ses gâteaux alsaciens. Il les sortit en ouvrant la boite et, miracle, la grand-mère les aperçut, se mit en transe et s’écria : des mennelés, des mennelés ! Nicolas lui en offrit un tout de suite et elle le grignota en le savourant, puis elle vint vers lui et l’embrassa sur les deux joues. Toute la famille était bouche bée car non seulement elle connaissait le pain d’épices mais d’entendre parler l’aïeule les avait sidérés. 

La fin de la soirée fut pleine de bons sentiments. Un petit geste avait suffi pour une entente cordiale.

 
 
 
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LE MUSICIEN

 

Dans la confrérie des colporteurs on pouvait trouver des artistes. Le métier ne se limitait pas à des transactions commerciales. Certains d’entre eux avaient un réel talent par la musique, la jonglerie, le dessin, le conte ou par des tours de magie. 

Le colporteur était autre chose la plupart du temps qu’un simple revendeur de toutes sortes d’articles le plus souvent utiles. Et pour accrocher le client un peu de fantaisie était très bien acceptée par l’acheteur. Cela faisait partie du boniment depuis des générations. Mais ce n’étaient pas des saltimbanques.

Nicolas avait pour talent la parole. C’était un narrateur et son auditoire appréciait ses récits. Bien sûr il racontait ses déplacements avec tous les événements s’y rapportant. Il en rajoutait toujours un peu mais ses histoires avaient toujours un fond de vérité ce qui apportait de la force en les exposant. 

Il bougeait beaucoup, restait souvent debout et ses bras faisaient des gestes larges, selon la narration, pour accompagner sa parole. Personne ne demeurait sans écouter et bien souvent il était invité aux fêtes villageoises pour l’animation. Les mariages, communions, baptêmes d’enfants ou cérémonies religieuses étaient pour lui une source de satisfaction amicale.

Une concurrence pouvait sévir avec les gens du voyage, ceux qu’on appelait les romanichels. Pour eux amuser un public par un spectacle était la principale occupation. Les colporteurs musiciens se contentaient de jouer pour attirer le chaland et montrer ainsi leur présence. 

Pourtant certains d’entre eux étaient de véritables artistes mais préféraient distraire en privé et à l’abri. Nicolas cita le cas de l’un de ses confrères qui jouait du violon comme un vrai professionnel. Il s’appelait Didier.

Cet homme avait un instrument superbe qu’il transportait partout où il faisait son commerce. Avec les années il était connu et reconnu de suite car sans un mot mais avec un son il attirait. 

Il vendait principalement du petit linge pour les couturières et les femmes qui vivaient loin des villes, présentant aussi des produits utiles à la confection ou à la remise en état de vêtements, draps et autres articles de ravaudage. Cette marchandise, pas trop lourde, lui permettait de caler son violon parmi elle et ainsi de le protéger.

Un jour Nicolas et Didier se rencontrèrent. Sans s’être concertés ils se retrouvèrent à la même auberge où une noce avait lieu. Invités à la fête les deux compères participèrent aux péripéties en divertissant l’assemblée, l’un par sa musique, l’autre par ses récits. La soirée se passait bien et l’ambiance était de circonstance. 

Le violoniste fit danser presque tout le monde et Nicolas racontait des histoires entre chaque série de rythmes divers. A un moment, il ne faut pas oublier qu’on était à la campagne, en pleine démonstration de son talent, le soliste fut gêné par un couac bref mais sonore.

Il continua cependant mais à nouveau un caquètement se fit entendre. Il s’arrêta de jouer, tout le monde fut étonné, regarda son instrument et n’y vit rien de spécial. La conformité du violon était toujours excellente. Il reprit à nouveau son air interrompu et la danse put repartir. 

Mais une troisième fois le son dérangeant vint fausser sa prestation. Il arriva tout de même à terminer le morceau mais dès la dernière note posa le violon et regarda autour de lui. Et là, stupeur, un gros canard s’était glissé dans l’entrebâillement de la porte et vint en se dandinant vers l’artiste en caquetant comme un forcené. 

A sa façon de s’exprimer on comprenait bien qu’il aimait la musique du violoniste et en s’agitant désirait qu’il reprenne sa mélodie. Toute la noce se mit à rire et le concert désordonné reprit.

Nicolas a gardé cette histoire dans ses souvenirs comme un moment amusant de sa vie de nomade. Il parait que depuis la famille de la ferme de l’animal ne mange plus de palmipède. L’intervention de l’oiseau ne fut qu’une première étape. 

A chaque repas festif il venait se montrer et s’exprimait par de vibrants bruits secs de bec. C’était devenu une attraction dans le village. Nicolas sut bien plus tard que le canard n’avait pas fait long feu. Il fut croqué lors d’une fête suivante en sortant d’un repas par un goupil mélomane.

Toujours est-il que le musicien regretta un peu son compagnon de scène. Pourtant à cause de lui il avait fait quelques canards. C’était peut-être ça qui avait attiré l’animal vers sa musique.

 


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                                    LE MUR

 

Parfois en traversant un pays Nicolas se trouvait devant des ruines au détour d’un chemin. Ce pouvait être celles d’une ancienne ferme abandonnée ou d’une église détruite lors d’un conflit. Une multitude de raisons pouvait expliquer cet état de délabrement d’une construction. 

Pourtant des hommes avaient œuvré à leur édification et certains d’entre eux ont pu voir avec désappointement l’état de chaos de leur travail.

Et Nicolas, par ses multiples déplacements, a malheureusement constaté le triste sort de ces vestiges envahis par la nature ou pillés pour la récupération des matériaux, ce qui était courant autrefois. Pierres, briques, linteaux et poutres disparaissaient.

Un jour, alors qu’il cheminait en montagne, il arriva au bord d’un escarpement qui lui imposait de continuer sa route tant était scabreux le retour et il s’engagea sur le sentier en s’aidant de son bâton pour avoir un troisième appui. Il allait lentement car chargé et souhaitait arriver assez vite au prochain village qu’il ne connaissait pas.

Tant bien que mal il avançait et sa progression poussive l’amena sans qu’il sans aperçoive à un promontoire où il s’arrêta pour une pause de récupération. De son perchoir il avait une superbe vue sur la plaine et se demanda pourquoi le sol était pierreux et plat. 

En le regardant précautionneusement il vit que la plateforme était large de près d’un mètre et longue de plusieurs, ce qui ne se voyait pas de suite car des buissons et verdures de toutes sortes envahissaient l’espace.

Il s’avança avec prudence et compris qu’il s’agissait d’un ancien mur. Mais de chaque côté c’était le vide et comme il était arrivé par une extrémité il ne s’était pas rendu compte du danger. Maintenant averti il s’avança pour voir jusqu’où il pouvait marcher. 

Bien lui en prit car de l’autre côté un escalier, bien qu’endommagé, permettait de continuer. Il écarta les branchages, toujours à l’aide de son bâton, et commença la descente.

Ce fut périlleux mais Nicolas se connaissait bien et n’était pas homme à pratiquer l’aventure pour le frisson mais aimait cependant l’inconnu maitrisé. Au pied du mur il constatât que celui-ci était énorme et long. Il le contourna et remarqua qu’il était orienté nord-sud, ce qu’il faisait qu’il y avait toujours un côté à l’ombre.

Cela lui sembla être un symbole de la vie où tout le monde cherche le meilleur. Seul le moment où le soleil est au zénith peut correspondre au bonheur total, mais comment s’y maintenir ? Les ruines que Nicolas découvrait étaient sûrement celles d’une église car elles regardaient vers le Sépulcre de Jérusalem, donc vers l’orient.

Il médita quelques instants en se demandant pourquoi et comment des religieux avaient pu édifier à cet emplacement une telle construction, puis reprit sa route par un sentier dégagé mais en ne sachant pas où il allait arriver.

Après quelques heures, harassé, il entra dans un bourg assez important, se dirigea vers le presbytère où le reçut un prêtre. Désaltéré il lui demanda l’origine des ruines de la montagne. Ainsi il sut qu’au Moyen-âge des moines en désaccord avec leur pontificat avaient fait sécession et s’étaient installés à flanc de montagne pour bien s’isoler et par là même surveiller les arrivants belliqueux ou non.

Ils construisirent une église fortifiée mais qui ne le fut pas tant que ça car le seigneur local, las de leur influence sur le peuple, les chassa et fit détruire l’édifice. Reste de nos jours quelques pierres qui rappellent leur passage. 

Les habitants des alentours ne se risquent pas à se porter dans ces endroits qui pour eux sont hantés de bien tristes souvenirs pouvant influencer leur façon de vivre comme ce fut le cas autrefois. C’était un lieu où soufflait un esprit. Mais celui-ci fut néfaste par son autorité intransigeante.

 
 
 
 
 
 
 
 
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Il lisait en roulant l'extrait de la quinzaine

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