A traduire en français
exemples : Paul devient NOKADUTA
Dominique : TEMORINKITOKIKEDOKU
Bigre ça va être difficile de s'appeler
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A traduire en français
exemples : Paul devient NOKADUTA
Dominique : TEMORINKITOKIKEDOKU
Bigre ça va être difficile de s'appeler
LE MUR
Parfois en traversant un pays Nicolas se trouvait devant des ruines au détour d’un chemin. Ce pouvait être celles d’une ancienne ferme abandonnée ou d’une église détruite lors d’un conflit. Une multitude de raisons pouvait expliquer cet état de délabrement d’une construction.
Pourtant des hommes avaient œuvré à leur édification et certains d’entre eux ont pu voir avec désappointement l’état de chaos de leur travail.
Et Nicolas, par ses multiples déplacements, a malheureusement constaté le triste sort de ces vestiges envahis par la nature ou pillés pour la récupération des matériaux, ce qui était courant autrefois. Pierres, briques, linteaux et poutres disparaissaient.
Un jour, alors qu’il cheminait en montagne, il arriva au bord d’un escarpement qui lui imposait de continuer sa route tant était scabreux le retour et il s’engagea sur le sentier en s’aidant de son bâton pour avoir un troisième appui. Il allait lentement car chargé et souhaitait arriver assez vite au prochain village qu’il ne connaissait pas.
Tant bien que mal il avançait et sa progression poussive l’amena sans qu’il sans aperçoive à un promontoire où il s’arrêta pour une pause de récupération. De son perchoir il avait une superbe vue sur la plaine et se demanda pourquoi le sol était pierreux et plat.
En le regardant précautionneusement il vit que la plateforme était large de près d’un mètre et longue de plusieurs, ce qui ne se voyait pas de suite car des buissons et verdures de toutes sortes envahissaient l’espace.
Il s’avança avec prudence et compris qu’il s’agissait d’un ancien mur. Mais de chaque côté c’était le vide et comme il était arrivé par une extrémité il ne s’était pas rendu compte du danger. Maintenant averti il s’avança pour voir jusqu’où il pouvait marcher.
Bien lui en prit car de l’autre côté un escalier, bien qu’endommagé, permettait de continuer. Il écarta les branchages, toujours à l’aide de son bâton, et commença la descente.
Ce fut périlleux mais Nicolas se connaissait bien et n’était pas homme à pratiquer l’aventure pour le frisson mais aimait cependant l’inconnu maitrisé. Au pied du mur il constatât que celui-ci était énorme et long. Il le contourna et remarqua qu’il était orienté nord-sud, ce qu’il faisait qu’il y avait toujours un côté à l’ombre.
Cela lui sembla être un symbole de la vie où tout le monde cherche le meilleur. Seul le moment où le soleil est au zénith peut correspondre au bonheur total, mais comment s’y maintenir ? Les ruines que Nicolas découvrait étaient sûrement celles d’une église car elles regardaient vers le Sépulcre de Jérusalem, donc vers l’orient.
Il médita quelques instants en se demandant pourquoi et comment des religieux avaient pu édifier à cet emplacement une telle construction, puis reprit sa route par un sentier dégagé mais en ne sachant pas où il allait arriver.
Après quelques heures, harassé, il entra dans un bourg assez important, se dirigea vers le presbytère où le reçut un prêtre. Désaltéré il lui demanda l’origine des ruines de la montagne. Ainsi il sut qu’au Moyen-âge des moines en désaccord avec leur pontificat avaient fait sécession et s’étaient installés à flanc de montagne pour bien s’isoler et par là même surveiller les arrivants belliqueux ou non.
Ils construisirent une église fortifiée mais qui ne le fut pas tant que ça car le seigneur local, las de leur influence sur le peuple, les chassa et fit détruire l’édifice. Reste de nos jours quelques pierres qui rappellent leur passage.
Les habitants des alentours ne se risquent pas à se porter dans ces endroits qui pour eux sont hantés de bien tristes souvenirs pouvant influencer leur façon de vivre comme ce fut le cas autrefois. C’était un lieu où soufflait un esprit. Mais celui-ci fut néfaste par son autorité intransigeante.
LE MENUISIER
Nicolas avait beaucoup de connaissances dans tous les milieux, que ce soit artisanaux, agricoles, cultuels ou autres. Il s’était fait bien des amis et aussi par relationnel des clients. Parfois il ne vendait rien mais le contact avec ses compagnons lui apportait souvent un plaisir d’échange d’idées en bonne intelligence.
Quelquefois aussi une invitation à partager un repas se présentait et Nicolas apportait son écot par le don de l’un de ses objets sorti de la hotte parfois refusé par le maître de maison malgré l’insistance du colporteur.
De père en fils le menuisier est un homme important dans une communauté. Ses travaux sont diversifiés et ses réalisations sont des meubles, chaises, tables et tout objet pouvant être déplacé, quelquefois les fenêtres. Parfois aussi, paysan, il n’exerce son artisanat que pendant les saisons froides.
La parfaite connaissance du métier ne s’improvise pas et le savoir-faire impose des gestes précis transmissibles dans la lignée de préférence. Le mobilier se doit d’être sculpté, même succinctement, et c’est là que l’on reconnait la marque du créateur par ses motifs divers spécifiques qui ressemblent à une signature.
Longtemps cette occupation fut familiale et apportait à un nombre important de gens le travail qui permettait de vivre. Le menuisier que Nicolas connaissait, sérieux, refusait rarement une commande. Il pouvait être rebuté par une demande trop complexe, trop ouvragée ou trop longue à exécuter.
Il n’était ni ébéniste ni charpentier et se contentait de travaux classiques et légèrement décorés. Pourtant un jour un grand-père vint le voir au moment où Nicolas négociait avec lui une commande de clous. Le demandeur s’imposa un peu, ce que comprit notre colporteur, et expliqua sa demande.
Son épouse venait de décéder et il lui fallait rapidement un cercueil. Étonné le menuisier lui dit qu’il ne fabriquait pas ce genre d’article et lui donna le nom et l’adresse d’un confrère qui se trouvait dans le village voisin et dont c’était le domaine. Mais le vieil homme insista lourdement et commença à regarder dans l’atelier. Il y vit des grandes planches.
S’adressant au maître des lieux il lui montra celles-ci et le pria de prendre en compte son offre en expliquant qu’il ne voyait aucune limite de prix pour la conception de la caisse. Il indiqua aussi que son épouse était petite et grêle. Pour lui le travail pouvait se faire rapidement.
Passé un moment de réflexion l’artisan accepta la commande. L’aïeul offrait une réalisation à convenir qui lui permettait de faire une bonne affaire, ce qui dans la période d’alors, était inattendue de par la légère crise du temps. Après des explications sur la conception de la bière et le versement d’un acompte conséquent, l’artisan se mit au travail rapidement en traçant un plan avec des cotes plutôt précises.
Il avait salué auparavant Nicolas et clos sa demande de clouterie pour une livraison avancée. Nicolas promit que cela serait fait dans les temps prévus et le laissa à son activité.
Quelques semaines après le colporteur revint au village et se dirigea tout droit vers l’atelier du menuisier. Il avait hâte d’arriver car la commande au menuisier était importante et lourde. En conséquence il avait loué un âne pour le transport.
Habituellement Nicolas passait dans le village une fois par an, mais là exceptionnellement il avait arrangé sa tournée pour respecter sa parole d’une fourniture plus rapide. Il toqua à la porte et le menuisier vint l’accueillir. Mais sa mine était triste et cela étonna Nicolas qui l’avait déjà vu plus jovial.
Une fois la marchandise déposée et l’animal mis à l’écurie, ils commencèrent à discuter sérieusement du climat affligeant qui régnait dans l’atelier. L’artisan comprit vite que le colporteur ne partirait pas sans savoir pourquoi il était accablé, d’autant que leurs relations, même si elles étaient d’ordre commercial, n’avaient jusqu’à ce jour jamais souffert de malentendus. Aussi il s’expliqua.
La commande inespérée du cercueil l’avait motivé à exécuter le travail au mieux et c’était ce qu’il avait fait. Son choix s’était porté sur le noyer, essence plus belle que le chêne et surtout plus facile à sculpter. Rabotées, poncées, décorées suite aux croquis laissés par l’acheteur, les planches avaient été jointes selon les techniques usuelles.
La solidité de l’ensemble avait été réalisée au mieux et l’aspect final correspondait à l’attente du demandeur. A cette époque le travail du bois donnait un produit qui devait durer une ou plusieurs générations surtout dans le mobilier. Il en était de même pour les cercueils par respect pour la personne défunte, qualité déclinée selon l’engagement financier prévu.
Mais ce qui surprit Nicolas c’est la suite. La livraison fut faite au domicile de la défunte et après la cérémonie religieuse d’usage, le cercueil porté par le corbillard alla directement au cimetière où il fut enfoui et recouvert rapidement, ce qui surprit les personnes présentes. On sut plus tard que l’aïeule avait demandé au curé qu’elle soit accompagnée dans sa tombe de tout son argent et objets de valeur.
Ne pouvant déroger à sa demande le prêtre s’exécuta et plaça, Louis d’or, bijoux et argenterie sous le linceul dans le cercueil avant sa fermeture. De ce fait l’époux héritier ne reçut rien et le menuisier ne fut jamais payé du reste à recevoir. L’acompte perçu, pourtant conséquent, ne couvrit que partiellement les frais engagés.
Et Nicolas dut attendre des jours meilleurs pour être dédommagé de sa dernière livraison. Il avait travaillé pour des clous. Mais ils restèrent bons amis tout de même.
LE MAITRE D’ÉCOLE
Dans chaque village que Nicolas connaissait il rencontrait presque toujours le maître d’école. Pour lui l’enseignant était un bon client. Un besoin constant de fournitures permettait une diffusion de crayons, gommes, encres, plumes et porte-plumes, parfois aussi de craies, ardoises mais là c’était plus lourd à transporter.
S’ajoutaient des buvards quand ils n’étaient pas publicitaires, des cahiers, carnets et aussi des bons-points déjà imprimés. A chaque passage à l’école une commande l’attendait, même si l’enseignant n’avait qu’un budget limité, qu’il s’efforçait de livrer complète à la visite suivante.
Il s’était fait ainsi un semblant de réseau avec des passages réguliers en dehors des congés scolaires. Cela lui permettait aussi de connaitre les enfants et ainsi, par leur entremise, d’approcher leurs parents. En conséquence pour lui tout le monde était à respecter mais sans ostentation.
Il ne voyait pas que le côté négociant mais aussi l’humain bienfaisant. Son rôle avait à ses yeux une importance élémentaire d’union dans l’harmonie altruiste. Parfois c’était difficile de réunir deux pensées différentes mais la conciliation parvenait régulièrement à un compromis de bonne intelligence respective.
Il a raconté à ce sujet une histoire entre deux instituteurs. Ils enseignaient dans des villages voisins l’un de l’autre et pourtant ils s’ignoraient, mais pas volontairement. L’un était payé par l’État, l’autre par les familles. Autant dire que les sommes perçues étaient bien différentes.
Le premier était réglé régulièrement, même si ce n’était pas très conséquent et le second devait constamment réclamer son dû. Ce dernier disait que pour les gens l’école était secondaire et par faute d’argent il était souvent rémunéré par des dons sous forme de lapin, volaille, œufs, lard ou de tout autre produit alimentaire, rarement en espèces en dehors d’une petite subvention municipale pour le service rendu.
Mais un jour à l’occasion d’un marché forain qui se passait dans un troisième village ils se rencontrèrent par l’intermédiaire de l’instituteur de cette autre commune. Mais celui-ci connaissait les maîtres d’école et il les présenta l’un à l’autre en ne citant que les noms des villages.
Nicolas arriva à ce moment-là, les salua car pour lui ils étaient tous déjà ses acheteurs. Ils s’installèrent à une table près de la buvette où de la bière fut servie. Et les discussions sur le métier s’engagèrent. Nicolas écoutait les trois hommes sans rien dire, se contentant d’approuver sobrement leurs propos.
Il n’était pas trop dans leur profession, s’en approchant que pour ses ventes, mais il entendait la conversation. Lui aussi avait été petit garçon et l’école l’avait intéressé. Il avait compris tout jeune que le savoir mène à la compréhension des autres et que le progrès ne pouvait venir que par l’instruction.
Les trois enseignants n’étaient pas du même âge. Le plus ancien racontait son entrée dans la charge en rappelant qu’il avait commencé sa vie comme simple paysan, mais curieux de tout, s’était mis à faire l’école à la demande des familles de son village, tout en restant agriculteur. Son besoin de transmettre était inné.
Le second expliqua qu’il avait eu son brevet de capacité à la suite d’un examen ce qui lui donnait le droit d’enseigner. Pour lui l’essentiel, c’était de transférer ses connaissances qu’il améliorait en permanence. Pour le troisième, le métier était avant tout un moyen de vivre d’une façon régulière, même s’il communiquait ses acquis avec sérieux mais sans écarts. Tous cependant exerçaient avec compétence et sans rivalité.
Puis ils se séparèrent et Nicolas retourna, en l’accompagnant, au village de l’ainé des maîtres-d ‘école. Plus simple, d’un abord aimable il appréciait la compagnie de l’homme qui par sa volonté savait comprendre le besoin d’apprendre de chacun.
Devenus amis, ils restèrent un certain temps ensemble au logement de l’école où ils partagèrent un léger repas. Au moment de se quitter ils convinrent d’un rendez-vous pour le trimestre suivant ce qui correspondait à la rentrée scolaire.
Bien plus tard Nicolas apprit que les deux autres instituteurs s’étaient éloignés de la région. Le breveté était monté dans la hiérarchie, l’affecté avait quitté sa commune pour une autre située en bord de mer. Quant à l’ami, il s’était mis à la recherche d’une ferme pour reprendre ses activités agricoles, ayant été remplacé par l’arrivée d’un tout jeune enseignant diplômé, qui lui, ne donnait pas de commandes au colporteur, une centrale d’achat ayant pris la suite par obligation.
Par tous ces contacts Nicolas comprenait mieux le besoin naturel d’enseigner dans le bon sens et la réflexion concrète utile à tous. Il sut aussi que les trois maîtres avaient deux points communs. Ils étaient natifs de la même commune : La Salle, un gros bourg, et portaient tous les trois le prénom de Jean-Baptiste. Et curieusement ils ne l’apprirent jamais.
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